13 octobre 2010



dans_le_taxi
Dakar, un vendredi après midi comme tous les autres a la grande mosquée. L'effervescence de la rue a soudain laissé place a un silence religieux. La ville entière est paralysée par l'appel à la prière. Les taxis et autres transports en communs se sont tus et toute la population est maintenant à genoux a l'écoute du long chant plaintif provenant des hauts parleurs accrochés aux fenêtres de la tour principale de la grande mosquée. A l'intérieur, les hommes rivalisent d'élégance, arborant de superbes chapelets. Ceux qui n'ont pas pu entrer prient a l'extérieur, a genoux à coté des voitures.

soeur_mosque_mendiantes

La grande avenue qui borde la mosquée est couverte de mendiants. Parmi eux, des albinos attendent la fin de la cérémonie pour recevoir leur du. Les homme s'épongent le front de leurs mouchoirs, tandis que l'on aperçoit par delà la jetée, les barques des pêcheurs immobilisées par les paroles du prophète. Une vieille mendiante se lève,sentant la fin de la cérémonie proche, d'autres s'amassent près de l'entrée, leur boite de conserve destinées a recueillir l'aumône serrées contre leur poitrine. Certains sont accrochés aux grille d'enceinte et tendent leur sébile à l'intérieur. Soudain, les hauts parleurs se taisent et les mendiants envahissent la mosquée. Deux enfants tendent leur boite en essayant de croiser les regards des hommes qui réajustent leurs costumes. Trois petites filles albinos, la plus jeune solidement accrochée sur le dos de l'ainée, essayent de se frayer un chemin a travers la foule qui se dirige maintenant vers la sortie. La ville reprend  brusquement vie, les taxis redémarrent et se jettent  aux grilles de la mosquée en quête d'éventuels clients .

soeur_mosque_albinos
Une femme est assise auprès d'un petit seau en plastique ou sont disposé de minuscules sachets d'arachide. Un petit albinos est accroché a son sein, indifférent au vacarme de la rue.Elle est la mère de cinq enfants albinos. " "Avec ce qu'ils ramènent le vendredi nous avons a peine de quoi nous nourrir! " confie t elle à Khadim  qui lui griffonne l'adresse du centre sur un bout de papier " Je viens régulièrement ici, pour les informer de l'existence du centre, et je relève leur nom pour essayer d'établir une liste de tous les albinos du Sénégal"
Les trois petites filles aperçues auparavant  s'avèrent être les enfants de cette femme. elles traversent la rue, danger supplémentaire à cause de leur mauvaise vue et du comportement peu attentionné des chauffeurs de taxis, et tendent à leur mère quelques pièces qu'elle dispose immédiatement en petit tas. Puis elle les empile et les divise a nouveau avant de crier après l'ainée.
"Elle n'a pas ramené assez d'argent, explique Khadim, et sa mère est très en colère!" .Les trois fillettes traversent le rue et rentrent a nouveau dans la mosquée.
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Un homme s'approche et montre une vieille femme albinos " elle a au moins soixante ans s'étonne t il ,je n'en avais jamais vu d'aussi vieux"
Khadim complète sa liste, quand un géant au visage brulé fait irruption a coté de lui: Moussa 25 ans, albinos et un sourire amical que rien ne semble pouvoir effacer: " j'aurais voulu être lutteur, mais a cause de ma mauvaise vue j'aurais plus souvent empoigné l'arbitre que l'adversaire!!", explique t il en riant.
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Les allées de la grande mosquée sont maintenant redevenues calmes, seuls quelques mendiants agitent encore leur boite de conserve en direction des passants. Khadim range sa liste dans sa poche et laisse un peu d'argent dans les mains ornées de héné de la vieille dame
.
Plus loin passé le tumulte de la mosquée, Khadim croise un vieil homme au visage abimé: " je ne peux pas rentrer sans avoir vu le vieux!" dit il en plaisantant. Le vieux n'a pas plus de 30 ans, pourtant il en parait facilement soixante dix.
"Celui là, pas moyen de lui faire comprendre que le soleil n'est pas bon pour lui! "se désole Khadim, "je lui ai même donné des lunettes noires, il ne les a jamais mises!! alors venir au centre,je ne lui en parle même pas!!" C'est que le vieux a un coin de mendicité privilégiée, juste a coté de la seule librairie francophone de Dakar. " Si je m'en vais on me volera ma place! pas question de bouger! explique t il en faisant voltiger sa canne avec adresse, un coin pareil c'est mieux que la fortune, c'est une rente!!"

vieux

Posté par aducoudray à 16:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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