Tunisie, le pays des hommes seuls
EST
Italie, Roumanie, Hongrie,Grèce,Turquie....a l'époque ou on achetait un billet valable un mois sur le réseau européen, sans limitation de kilomètres...


























Après la pluie...

Concession familiale à Cotonou (Bénin),labyrinthe peuplé d'enfants,chaleur étouffante, joie simple des premières pluies...


















Les mendiants d'Allah

Ces petits mendiants que l'on croise dans toutes les grandes villes du Sénégal, ne sont pas des mendiants ordinaires, de profession, rapportant chez eux le soir le fruit de l'aumône, travaillant main tendue la journée entière pour se nourrir. Ceux là, surnommés "Talibés" ( élèves en arabe) ne garderont rien de leur butin, et s'ils n'en ramène pas suffisamment, ils seront battus. Leur maitre et propriétaire avant Dieu, le marabout ,se taillera la part du lion dans leur récolte et celle de la hyène, vidant les gamelles d'argent dans sa poche et celles de nourriture dans son estomac et celui de sa famille. Le marabout est roi dans son école (Darah) et les talibés sont ses esclaves.
Deux Talibés au marché de Thiès


Donné au marabout par ses parents , le jeune Talibé apprends le Coran, s'occupe de diverses corvées telles que le ramassage de bois, la lessive et pratique la mendicité afin de payer l'enseignement dispensé par le sérigne ( enseignant). Au début du siècle, l'aumône était placée à l'entrée des maisons par les habitants, les talibés n'ayant plus qu' à la ramener au marabout pour faire fonctionner l'école. La mendicité était alors considérée comme un apprentissage supplémentaire, celui de l'humilité. Après un certains nombre d'année d'étude, le talibé ayant étudié le coran avec application pouvait décider d'ouvrir une école coranique ou d'exercer le métier de son choix.De nos jours, la mendicité a pris le pas sur l'enseignement, et est devenue la principale activité des talibés. L'ancien internat est devenu une usine a mendier.
Les dons varient en fonction des villes mais aussi des possibilités des donneurs: argent, , sucre riz...
Souvent lors d'une fête religieuse ou d'un mariage les villageois conservent une gamelle pleine pour les talibés. Cette fois ci c'était un baptême et la gamelle était remplie de riz au lait sucré.
La sébille des talibés souvent constitué d'une boite de conserve réhaussée d'un fil de fer pour anse.
"Je ne vous demande que ses os le jour du jugement dernier". C'est par ces mots que les parents confient leur enfant au marabout.
Au Sénégal, l'école coranique s'est heurtée au colonisateur français. jugée néfaste pour une bonne diffusion de la langue française de nombreux décrets sont venu entraver leur développement:(limite du nombre de marabout,obligation d'inscrire les talibés de moins de douze ans au cours du soir en Français)
En 1909 à Dakar, sur 2011 talibés seul 49 allaient à l'école française. un centre de formation des marabouts fut alors crée a Saint Louis et l'ont instaura des subventions pour les marabouts inscrivant leurs élèves à l'école française.
L'intérieur d'une petite Darah ( école coranique ) dans la banlieue de Thiès.
L'apprentissage par cœur du coran de façon phonétique est l'essentiel de l'éducation des talibés. Le Sénégal n'étant pas un pays arabophone, les talibés n'en comprendront jamais la portée.
Un talibé montrant le portrait d'un leader religieux.

Le marabout ici en tenue blanche habite avec sa famille dans la Darah.
Les talibés dorment dans des pièces vétustes avec pour seul matelas qu'un tas de couvertures.
dans les Darahs dont la taille varie de quelques élèves a plusieurs milliers, on n' apprends ni a lire ni à écrire, et jouer au football est interdit.

Pendant les deux semaines qu'ont nécessité ce reportage, trois enfants sont morts des suites du paludisme.
En 2002, sauver un enfant du paludisme coutait 250 francs CFA (
30centimes d' euros ) pour le taxi qui l'emmènera au dispensaire ou à
l'hôpital voisin, et 5000 Francs CFA ( 8 euros) pour la piqure
anti-paludique. Le laisser mourir, avec les dons que feront les
villageois en apprenant son décès, rapportera dix fois plus au marabout.
Le premier ministre du Sénégal Souleymane Ndiaye à adopté en aout 2010 une loi anti mendicité soulignant que " Dakar ne luttait pas de
façon efficace contre la traite des personnes ».
Au mois d'octobre 2010 , Abdoulage Wade président du Sénégal fait annuler cette loi argumentant que “L’aumône est une pratique recommandée par la Religion”
A Dakar, plus de 10 000 talibés survivent de la mendicité
Pour en savoir plus: http://www.blogs-afrique.info/senegal-politique/index.php/2008/01/10/1179-senegal-pourquoi-le-probleme-des-talibes-nest-pas-pres-detre-resolu
Les enfants de Noé: être albinos au Sénégal

L'albinisme est une maladie due à une déficience génétique, qui se caractérise par une absence de pigments dans les yeux, la peaux, les cheveux.
Cette maladie est héritée de chacun des parents et touche indifféremment filles et garçons.Un enfant ne peut naitre albinos que si chacun des parents possède ce gène déficient. Ainsi l'enfant d'un ou une albinos et d'une femme ou homme à peau noire ne naitra pas forcément albinos.On trouve peu d'albinos en Europe, leur nombre est nettement plus élevé en Afrique ou en Asie.
La maison des Blancs ? Des Noirs qui sont blancs

La maison des Blancs ? Des Noirs qui sont blancs ? Des enfants de Blancs qui
sont noirs ?
Le chauffeur de taxi était perplexe. je lui avais demandé de
me conduire au centre des albinos de Thiès, la 2ème ville du
Sénégal, située à 70 km de Dakar. Après avoir disséqué le mot
« albinos » de toutes les façons possibles sa réponse fut
simple : albinos connais pas, centre des albinos encore moins.
Observant la discussion qui s’étendait des chauffeurs de
taxi aux autres voyageurs, un vieil homme s’approcha et me glissa discrètement
à l’oreille : je sais où c’est le centre des albinos. La sœur de mon père,
elle en a un, un albinos dès fois elle l'emmène au centre..."
Après un court trajet, le taxi s'arrête à l’entrée d’un terrain jonché d’ordures, fendu d’un minuscule chemin se perdant dans les détritus. "Robinson House Community" centre communautaire des albinos, un panneau imposant accroché au sommet d’une grille coiffée de pointes d’acier. De l’extérieur, la construction a l’air menaçante avec ses fenêtres, tous volets fermés, perchées de façon à décourager tout visiteur d’y jeter un œil. Après quelques coups sur la grille, une voix brisée s’élève de l’intérieur. La porte s’ouvre sur un sourire édentée, une cigarette soudée à la lèvre, une machette à la main. « entrez, entrez, les directeurs sont là. Moi, je ne suis que le gardien. » La cour intérieure est déserte. Un toboggan brûle au soleil, un tourniquet brisé semble avoir terminé son tour dans le sable depuis bien longtemps.
Le gardien me conduit dans un bureau où la
lumière semble n’être jamais entrée. Deux albinos sont assis derrière un
bureau : « Bienvenue au centre des albinos » me lancent-ils
presque en cœur. On va ouvrir la fenêtre, vous y verrez plus clair. Le soleil
s’engouffre dans la pièce, m’aveugle momentanément, me faisant cadeau de la
vision particulière des Albinos. "Dans les autres salles, elles sont situées
beaucoup plus haut, afin de protéger les enfants du soleil. Ici nous avons
préféré conserver à hauteur normale pour ne pas gêner nos visiteur!". Assis derrière un antique bureau, deux albinos d'une trentaine d'année réajustent leurs lunettes aux épaisses montures noires qui contrastent avec leur peau immaculée.« Venez, allons voir les enfants. »
"Le centre national des Albinos de Thiès, outre le fait d’être le premier et le seul centre de ce type dans toute l’Afrique de l’Ouest a ceci de particulier qu’il se propose d’accueillir les Albinos de toutes les régions du Sénégal, afin de les informer des futurs dangers auxquels ils vont être amener à faire face au cours de leur vie de tout les jours"....expliquent Elhaj et Khadim Diop respectivement directeur et trésorier du centre.
" Le centre accueille les albinos
mais aussi les enfants noirs du quartier afin de leur donner une éducation de
base en français. Cela a été notre première volonté
d’intégrer les albinos à la population locale. Pour l’instant, nous ne
recueillons que des albinos de la ville de Thiès, mais nous avons le projet de
construire une infirmerie et un internat. Le centre a un rôle préventif,
informatif et éducatif. Nous essayons dans la mesure du possible de donner des
médicaments aux albinos les plus démunis".Khadim montre une armoire où
trois bouteilles de protection solaire se disputent le vide avec un flacon de
désinfectant.

Moussa ne connaît pas son âge, il n’a pas de carte d’identité ,
ni d’extrait d’acte de naissance. Quand on lui pose cette question, il répond
: "Environ 18 ans. Concentré, son visage a quelques centimètres du manuel à cause de sa mauvaise vue, Moussa lit un texte à haute voix dans un français de parfait petit écolier. « Il n’a pas de
lunettes pour se protéger du soleil et corriger sa vision, me dit Khadim, c’est
très difficile à trouver au Sénégal". Il me montre les siennes qu’un de ses
cousins lui à envoyer de France. Les verres ressemblent à du papier transparent
de couleur bleue. Je les chausse en espérant voir le monde tel que le vivent
les albinos mais je n’aperçois que des hommes tiraillés entre deux cultures,
étrangers dans leur propre pays.

Tous les enfants sont assis derrière leurs pupitres caressés par une lumière qui tombe doucement du plafond. Ils chantent une comptine parlant de leur école: "mon école, tous les jours je vais à l'école, elle n'est pas grande, mais c'est la mienne!"
L'école mixte rêvée par El Haj et Khadim Diop est bien là: les albinos et les enfants noirs chantant la même chanson sou le même toit. Le center qui vu de l'extérieur donnait l'impression d'une enclave protégée se révèle contenir une société idéale fantasmée par deux frères résolu a fouler au pied les questions d'appartenance, de race et de couleur dans un pays qui pourtant ne peut s'empêcher de leur renvoyer une sorte de racisme inversé, mêlé de crainte et de respect mystique.

Adama est seul au centre de la petite salle. Des

Adama est seul au centre de la petite salle. Des guirlandes ou sont accrochés des soleils de papier, symbole du plus grand ennemi des albinos pendent du plafond.
Il fredonne quelques mots d'une chanson en wolof lorsque soudain, tous ses camarades se lèvent et se jettent dan sune folle danse à ses cotées, rythmée par un tambour fait d'une boite de conserve et d'une minuscule peau de mouton.
Adama enlève sa casquette montrant ainsi les taches noires qui couvrent son crane et descendent le long de son cou. Un geste de politesse anodin, révélant le mal caché des albinos.
Une des institutrices déplore que certains des albinos du centre ne viennent que le matin, l'après midi étant occupé à aller mendier avec leurs parents."Ils passent alors totu l'après midi dans la rue, au plus fort du soleil, sans protection véritablement efficace et sont brulés petit à petit Adama n'avait pas toutes ces tâches sur le visage et sur le crâne l'année dernière, il s'expose beaucoup trop au soleil."
"Nous avons bien quelques médicaments, poursuit elle, mais en trop faible quantité. il leur faut un traitement quotidien et répété. Pour les yeux une simple paire de lunette suffit, même de mauvaise qualité. Pour les produits de protection de la peau , c'est plus difficile, lorsque nous voyons des touristes,nous leurs demandons de nous laisser leurs crèmes anti-uv quand il partirons, car on trouves difficilement ce type de produit au Sénégal, et de toute façon nos revenus ne nous permettrais pas d'en acheter. Il faut alors qu'ils portent des vêtements a manches longues te des casquettes. Pour les enfants habitués a jouer dehors, c'est une véritable contrainte! du coup certains enfant ne sortent qu'à la nuit tombée et passent leur journées entière dans l'obscurité".

Khadim Diop réajuste sa casquette offerte par une société de travaux publics de la ville. Tous les enfants en ont reçue une récemment, stratégie publicitaire optimale.
la classe terminée, les enfants sortent du centre en colonne serrées avant de s'éparpiller dans la décharge voisine, en direction du car qui les ramènera chez eux.
Le gardien nous fait un signe de la main avant de refermer la grille. Il habite dans le centre et passe ses nuits sans eau ni électricité, a fumer du tabac roulé dans des feuilles vendues à l'unité. Des habitations voisines ou il passe souvent l'après midi, il surveille le centre, attentif aux rôdeurs."J'en ai chassé un le mois dernier", annonce t' il fièrement, " il escaladait le mur d'enceinte! je suis arrivé a temps sinon il aurait pu tout voler! alors j'ai mis des tessons de bouteilles sur le haut des murs, comme cela plus de risque! mais depuis, je préfère quand même garder ma réserve de tabac sur moi!"Beaucoup de risques pour un bien maigre butin: quelques ardoises, des craies, deux livres de lecture et des jouets en plastique, donation d'une ONG espagnole.

Même si de l'extérieur il semble imprenable, le centre doit faire face a d'autres problèmes majoritairement économiques
"Nous n'avons pas d'aide régulière déplore El haj, que ce soit de l'état ou de la région. Comme nous ne faisons pas partie de l'éducation nationale, nous avons avons du opter pour un statut privé et les difficultés qui vont avec." Différence minime car au Sénégal, si l'état couver les salaires des professeurs de l'enseignement public, ceux ci doivent s'occuper eux même de trouver des fonds pour l'entretien et la création des nouvelles installations.
"Nous devons demander chaque mois 500 francs CFA a chaque élève pour le fonctionnement du centre: exclusivement l'entretien des installations et le salaire des professeurs. mais il arrive souvent que certains enfants se retrouvent dans l'impossibilité de payer, leur parents n'ayant pas suffisamment d'argent pour subvenir ne serait ce qu'aux dépense quotidienne de leur famille.dans ces cas là, il faut fermer les yeux et attendre des jours plus cléments. Mon frère va du conseil général aux ONG, en passant par la mairie, mais nous n'obtenons pas de financements, juste des aides d'appoint. Avec un financement, même minime, nous pourrions développer une activité commerciale qui permettrait au centre d'être indépendant financièrement. l'an dernier on nous a donné des métiers a tisser. pour quoi ne pas former nos élèves albinos a cette activité en plus de l'éducation scolaire? nous pourrions ainsi dégager des revenus qui permettraient au centre de tenir debout sans avoir constamment besoin de tendre la main! j'ai l'impression que le ONG locales et les autorités nous laissent volontairement dans cette situation afin de profiter de l'imminence d'élection pour faire parler d'eux. Le mois dernier, un élu de Dakar est venu en visite accompagné de la presse et de militants politique. il nous a fait des promesses, mais depuis, rien..."

"Quand j'étais au cours primaire, je devais sans cesse faire des allers retours du tableau à ma place, car je ne voyais pas ce que le maitre y écrivais! c'était très pénible et l'instituteur n'appréciait pas du tout mes allers et venues! et mon père ne comprenais pas pourquoi je revenais avec autant de punition alors que je n'étais pas mauvais élève!" Khadim parle fièrement de ses résultats scolaires, toujours premier ou second de la classe tout en faisant sauter son fils à peau d'ébène sur ses genoux.
Quelques années de cours d'arabe, une année d'interruption pour soucis financier, puis le bac et l'apprentissage de l'anglais "la langue du commerce! " dit il en rêvant d'Amérique. Il est conscient que sans la compréhension et le métier de son père ( commissaire de police) il n'aurais pas pu aller aussi loin."C'est grâce a lui que nous avons pu bénéficier d'une éducation correcte, maintenant j'essaie d'en faire profiter les autres albinos, mais c'est difficile..."

Difficile, le mot revient souvent dans la bouche de Khadim. Pourtant, la situation s’est améliorée pour les albinos au Sénégal. Autrefois, tués à la naissance, ou pour d’obscures pratiques ancestrales, ils sont désormais épargnés par ces maux d’un autre âge. Mais il n’est pas rare de voir un enfant noir cracher au sol en apercevant un albinos de peur que ce dernier ne crache le premier. ce qui aurait pour conséquence de le maudire ainsi que la famille. De même, les femmes enceintes ne croisent jamais le regard d’un albinos de peur d’en mettre un au monde.
« Un jour,
explique Elhaj, un homme est venu au centre se croyant frappé d’une
malédiction. Il s’était marié avec une femme de son village qui lui avait donné
des jumeaux, tout deux albinos. Croyant que sa femme l’avait trompée avec un
blanc, l’homme entra dans une colère terrible et était près à quitter village,
femme et enfants quand un de ses amis lui expliqua que ses enfants n’étaient
pas des blancs mais des albinos ,innocentant ainsi son épouse qui lui avait
toujours été fidèle . tout s'arrangea, mais l’année suivante, sa femme lui donna un troisième
enfant lui aussi albinos. Cette fois-ci c’en était trop et il décida de chasser
sa femme puisqu’elle n’était bonne qu’à lui donner des albinos. Il la répudia
et se remaria dans l’année. Sa nouvelle femme lui donna vite un quatrième
enfant, la peau aussi blanche que les trois autres. Persuadé qu’une malédiction
s’abattait sur lui, il faillit sombrer dans la folie, lorsqu’il entendit parler
du centre des albinos de Thiès.Il vint nous voir et on lui expliqua que seule l’union de deux personnes
toutes deux porteuses du gêne de l’albinisme, pouvaient mettre au monde des
albinos. Il était donc aussi responsable que sa femme de l’albinisme de ses
enfants. Du coup il partage sa vie entre ses deux familles étant le père des
quatre enfants qui viennent tous au centre! du coup cette histoire nous a donné l'idée d'organiser des journées d'information sur l'albinisme."
Dakar, un vendredi après midi comme tous les

Dakar, un vendredi après midi comme tous les autres a la grande mosquée. L'effervescence de la rue a soudain laissé place a un silence religieux. La ville entière est paralysée par l'appel à la prière. Les taxis et autres transports en communs se sont tus et toute la population est maintenant à genoux a l'écoute du long chant plaintif provenant des hauts parleurs accrochés aux fenêtres de la tour principale de la grande mosquée. A l'intérieur, les hommes rivalisent d'élégance, arborant de superbes chapelets. Ceux qui n'ont pas pu entrer prient a l'extérieur, a genoux à coté des voitures.

La grande avenue qui borde la mosquée est couverte de mendiants. Parmi eux, des albinos attendent la fin de la cérémonie pour recevoir leur du. Les homme s'épongent le front de leurs mouchoirs, tandis que l'on aperçoit par delà la jetée, les barques des pêcheurs immobilisées par les paroles du prophète. Une vieille mendiante se lève,sentant la fin de la cérémonie proche, d'autres s'amassent près de l'entrée, leur boite de conserve destinées a recueillir l'aumône serrées contre leur poitrine. Certains sont accrochés aux grille d'enceinte et tendent leur sébile à l'intérieur. Soudain, les hauts parleurs se taisent et les mendiants envahissent la mosquée. Deux enfants tendent leur boite en essayant de croiser les regards des hommes qui réajustent leurs costumes. Trois petites filles albinos, la plus jeune solidement accrochée sur le dos de l'ainée, essayent de se frayer un chemin a travers la foule qui se dirige maintenant vers la sortie. La ville reprend brusquement vie, les taxis redémarrent et se jettent aux grilles de la mosquée en quête d'éventuels clients .
Une femme est assise auprès d'un petit seau en plastique ou sont disposé de minuscules sachets d'arachide. Un petit albinos est accroché a son sein, indifférent au vacarme de la rue.Elle est la mère de cinq enfants albinos. " "Avec ce qu'ils ramènent le vendredi nous avons a peine de quoi nous nourrir! " confie t elle à Khadim qui lui griffonne l'adresse du centre sur un bout de papier " Je viens régulièrement ici, pour les informer de l'existence du centre, et je relève leur nom pour essayer d'établir une liste de tous les albinos du Sénégal"
Les trois petites filles aperçues auparavant s'avèrent être les enfants de cette femme. elles traversent la rue, danger supplémentaire à cause de leur mauvaise vue et du comportement peu attentionné des chauffeurs de taxis, et tendent à leur mère quelques pièces qu'elle dispose immédiatement en petit tas. Puis elle les empile et les divise a nouveau avant de crier après l'ainée.
"Elle n'a pas ramené assez d'argent, explique Khadim, et sa mère est très en colère!" .Les trois fillettes traversent le rue et rentrent a nouveau dans la mosquée.
Un homme s'approche et montre une vieille femme albinos " elle a au moins soixante ans s'étonne t il ,je n'en avais jamais vu d'aussi vieux"
Khadim complète sa liste, quand un géant au visage brulé fait irruption a coté de lui: Moussa 25 ans, albinos et un sourire amical que rien ne semble pouvoir effacer: " j'aurais voulu être lutteur, mais a cause de ma mauvaise vue j'aurais plus souvent empoigné l'arbitre que l'adversaire!!", explique t il en riant.
Les allées de la grande mosquée sont maintenant redevenues calmes, seuls quelques mendiants agitent encore leur boite de conserve en direction des passants. Khadim range sa liste dans sa poche et laisse un peu d'argent dans les mains ornées de héné de la vieille dame.
Plus loin passé le tumulte de la mosquée, Khadim croise un vieil homme au visage abimé: " je ne peux pas rentrer sans avoir vu le vieux!" dit il en plaisantant. Le vieux n'a pas plus de 30 ans, pourtant il en parait facilement soixante dix.
"Celui là, pas moyen de lui faire comprendre que le soleil n'est pas bon pour lui! "se désole Khadim, "je lui ai même donné des lunettes noires, il ne les a jamais mises!! alors venir au centre,je ne lui en parle même pas!!" C'est que le vieux a un coin de mendicité privilégiée, juste a coté de la seule librairie francophone de Dakar. " Si je m'en vais on me volera ma place! pas question de bouger! explique t il en faisant voltiger sa canne avec adresse, un coin pareil c'est mieux que la fortune, c'est une rente!!"

































































